Poème d’un bénévole

    Poeme d’un bénévole

    RAGE !

    Marée noire,

    Ton nom me fait vomir

    Une immense colère,

    Un affreux chagrin,

    Qui s’écoulent de mon être

    Comme pétrole lourd, merde visqueuse,

    Des entrailles de ce navire

    Venu près des côtes

    Mourir, victime de sa gangrène.

    Maladie que des hommes

    Sans foi ,sans éthique,

    Ont caché

    Sous des maquillages trompeurs

    Et délivrés

    Des bulletins de santé complaisants

    (Mais surtout plus cons que plaisants).

    Et, combien d’autres hommes,

    D’autres femmes ,

    Ressentent la même nausée,

    Ou pire encore,

    De voir l’Océan, les plages,

    Les rochers souillés,

    De voir tant d’oiseaux

    Piégés et englués,

    De voir leur patrimoine

    Endeuillé

    Par ces crêpes immondes,

    De voir leur travail, leur gagne-pain,

    Anéantis, gâchés !

    La rage ne peut d’abord

    Que nous donner l’envie

    De faire bouffer à ces irresponsables

    Qui, au nom de l’argent, du profit,

    Ferment les yeux sur les dangers

    Qu’ils font courir à l’Homme, à sa planète !

    Oui ! Leur faire bouffer

    Ces étrons de mazout

    Qui flottent et s’échouent sur nos côtes.

    Mais, il est vrai que cette rage

    En ce sens seulement est vaine !

    Et donc,

    Cette rage devra animer

    Ces mêmes hommes, ces mêmes femmes,

    Les concernés (tenté encore je suis de l’écrire en deux mots)

    Et les bénévoles d’ici et d’ailleurs,

    Pour leur donner le courage, la force,

    De manier pelles, seaux et autres outils

    Pour laver les littoraux

    De ces souillures

    Qui s’échappent encore et encore

    De cette dépouille immergée,

    Comme coliques et purulences

    Que nul thérapeute

    Ne saura guérir et empêcher ;

    Pour redonner aussi l’espoir

    A ceux qui se battent

    Pour sauver la vie des animaux

    Victimes innocentes de la folie de l’Homme.

    Mais, néanmoins, au-delà de cette rage positive

    Il me reste encore celle de souhaiter

    Que la colère de Dieu qui a anéanti

    Les habitants de Sodome et Gomorrhe

    Pour leurs péchés,

    Se manifeste aussi à l’encontre

    De ceux qui sont responsables ou complices

    Du péché de destruction

    De notre planète Terre,

    Pauvre Terre !

    Gérard CHATELAIN

    (Paris, le 2 janvier 2000)

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