Communiqué de l’AFP

11 02 2007

RENNES, 8 fév 2007 (AFP) - Lancée après le naufrage, la polémique sur la
cargaison de l’Erika, soupçonnée d’être plus toxique qu’annoncé, vient de
rebondir avec une étude scientifique et un reportage de France 3 relançant
l’inquiétude d’associations de bénévoles ayant nettoyé les plages.
   Le député-maire UMP du Croizic (Loire-Atlantique), Christophe Priou, a
demandé fin janvier une enquête complémentaire sur le degré de toxicité du
fioul, dans une lettre aux ministres de l’Ecologie et de la Santé.
   Il y fait allusion à un documentaire de France 3 qui accuse Total d’avoir
aussi transporté des “résidus de fonds de cuves”, plus cancérogène que le
fioul numéro 2 annoncé.
   Total a démenti mais Corinne Lepage, avocate de deux petites communes au
procès qui doit s’ouvrir le 12 février, reste “convaincue qu’il y a des
éléments de présomption”, sur la cargaison. Les analyses réalisées après le
naufrage pour caractériser la cargaison étaient incomplètes, affirme la
candidate à l’élection présidentielle.
   Jean-Pierre Mignard, avocat de sept collectivités locales, se montre plus
prudent. “Si des éléments nouveaux et substantiels étaient soulevés lors de
l’audience pour un supplément d’information, nous nous y associerons. Mais,
pour le moment, nous ne voulons pas retarder le procès sur la base de
rumeurs”, a-t-il expliqué à l’AFP.
   L’association des bénévoles de l’Erika (ABE) et le collectif anti-marée
noire de Saint-Nazaire ont appelé les bénévoles ayant nettoyé les plages à
témoigner de leurs éventuels problèmes de santé sur un site internet.
   Leurs craintes ont été relancées par la parution en janvier d’une étude
de l’Ecole nationale supérieure agronomique de Toulouse (Ensa) rappelant le
caractère cancérogène du fioul et accusant les autorités d’avoir “minimisé”
les risques.
   La polémique avait éclaté en 2000 avec les analyses d’un petit
laboratoire du Var, Analytika, mettant en doute la nature de la cargaison.
   Mais celles du Centre de documentation, d’expérimentation et de recherche
des pollutions accidentelles des eaux (Cedre) n’avaient rien révélé
d’anormal dans la cargaison, “cancérogène comme tous les hydrocarbures”, le
risque dépendant de la fréquence d’exposition, “comme la cigarette”.
   clc/jri/bfr


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